Changement climatique et pays du Sud : les plus touchés sont les moins responsables

October 20, 2026
Puits au Cambodge
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En résumé
  • L'Afrique émet moins de 4 % des gaz à effet de serre mondiaux, mais elle se réchauffe plus vite que la moyenne de la planète.
  • En 2025, les phénomènes climatiques extrêmes ont touché au moins 13 millions de personnes et causé plus de 3 000 décès sur le continent, selon l'OMM.
  • Les pays pauvres sont plus exposés et disposent de moins de moyens pour se protéger : c'est l'injustice climatique.
  • Sécheresses, inondations et montée des eaux aggravent la faim et poussent des millions de personnes à quitter leur région.
  • Les solutions passent par l'adaptation locale : agriculture résiliente, accès à l'eau, reboisement et restauration des côtes.

En 2025, les catastrophes climatiques ont touché au moins 13 millions de personnes en Afrique et fait plus de 3 000 morts, selon le rapport de l'Organisation météorologique mondiale publié en juin 2026. Rien qu'en Afrique de l'Est, la sécheresse a frappé plus de 8,5 millions de personnes.

Le continent émet pourtant moins de 4 % des gaz à effet de serre de la planète. Un Malien ou un Nigérien émet en moyenne une fraction de ce qu'émet un Européen.

C'est le paradoxe central du changement climatique : les pays pauvres en subissent les effets les plus durs alors qu'ils en sont les moins responsables. Comprendre pourquoi permet aussi de comprendre comment les aider.

Pourquoi les pays pauvres sont-ils les plus touchés par le changement climatique ?

Une géographie plus exposée

Beaucoup de pays du Sud se situent dans des zones déjà chaudes, arides ou basses. Au Sahel, quelques dixièmes de degré supplémentaires suffisent à faire basculer une saison agricole. Au Bangladesh, une grande partie du territoire se trouve à quelques mètres au-dessus du niveau de la mer.

L'OMM souligne que l'Afrique se réchauffe plus vite que la moyenne mondiale, et que le niveau de la mer monte plus vite que la moyenne le long de plusieurs côtes africaines, jusqu'à environ 5 mm par an dans l'océan Indien et en mer Rouge.

Des économies qui dépendent du climat

Dans de nombreux pays d'Afrique subsaharienne, l'agriculture pluviale fait vivre la majorité de la population. Quand les pluies arrivent trop tard, trop fort ou pas du tout, ce sont directement les récoltes, les revenus et les repas qui disparaissent.

Moins de moyens pour se protéger

Digues, systèmes d'irrigation, alertes précoces, assurances agricoles, aides d'urgence : les pays riches disposent d'outils pour amortir les chocs. Les pays pauvres beaucoup moins. L'OMM relève que de graves lacunes subsistent dans les systèmes d'alerte précoce en Afrique et dans les pays les moins avancés.

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Point clé

La vulnérabilité au changement climatique dépend de trois facteurs : l'exposition aux aléas, la dépendance aux ressources naturelles et la capacité à faire face. Les pays du Sud cumulent souvent les trois.

Qui est vraiment responsable du changement climatique ?

Les émissions de gaz à effet de serre sont très inégalement réparties. Historiquement, les pays industrialisés d'Amérique du Nord et d'Europe ont émis l'essentiel du CO2 accumulé dans l'atmosphère depuis le XIXe siècle.

Aujourd'hui encore, les écarts restent considérables. L'empreinte carbone d'un Français atteint 8,3 tonnes de CO2e par an, contre une moyenne mondiale d'environ 6,4 tonnes, et bien moins d'une tonne pour un habitant du Sahel. Les études d'Oxfam montrent par ailleurs que les 10 % les plus riches de la planète sont responsables d'environ la moitié des émissions mondiales.

C'est ce déséquilibre que l'on désigne sous le nom d'injustice climatique : ceux qui ont le moins contribué au problème en paient le prix le plus élevé.

Que fait la communauté internationale ?

Les pays riches se sont engagés à financer l'adaptation des pays du Sud. Un fonds pour les pertes et dommages a été créé lors de la COP28 en 2023 pour aider les pays frappés par des catastrophes. Mais les montants promis restent très inférieurs aux besoins estimés, et les décaissements sont lents.

Pour comprendre comment les scientifiques analysent cette situation, notre article Urgence climatique : qu'en pensent 6 experts du climat ? donne la parole à des spécialistes.

Quelles conséquences concrètes pour les populations du Sud ?

La faim

Sécheresses et inondations détruisent les récoltes et le bétail. En Afrique du Nord, les vagues de chaleur et les sécheresses prolongées de 2025 ont lourdement frappé la production agricole. Au Sahel et dans la Corne de l'Afrique, chaque saison ratée fait basculer des familles dans l'insécurité alimentaire.

L'eau

Le changement climatique raréfie l'eau là où elle manquait déjà. Puits qui s'assèchent, nappes qui baissent, pluies plus irrégulières : l'accès à l'eau potable devient plus difficile et plus coûteux.

La biodiversité

Les écosystèmes dont dépendent les populations reculent : forêts, mangroves, récifs, savanes. La biodiversité africaine, menacée de toutes parts, est aussi une ressource vitale pour des millions de familles.

Les déplacements

Quand la terre ne nourrit plus, les familles partent. Les déplacements liés aux catastrophes climatiques se comptent déjà en dizaines de millions chaque année dans le monde. Ces réfugiés climatiques ont besoin d'une aide qui reste encore très peu structurée.

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Un risque d'emballement

Faim, pénurie d'eau et déplacements forcés se nourrissent mutuellement et peuvent attiser les tensions entre communautés autour des terres et des points d'eau. Agir tôt coûte beaucoup moins cher que réagir aux crises.

Comment aider les pays du Sud à s'adapter au changement climatique ?

Réduire les émissions reste indispensable pour limiter le réchauffement. Mais pour les populations déjà touchées, l'urgence est l'adaptation : apprendre à vivre et à produire dans un climat qui a déjà changé.

Levier d'adaptationEffet pour les populations
Accès à l'eau (puits, forages, récupération d'eau de pluie)Sécurise la boisson, l'hygiène et les cultures pendant les sécheresses
Agriculture résiliente et agroforesterieProtège les sols, retient l'eau, diversifie les revenus
Reboisement avec des arbres utilesFreine l'érosion, apporte fruits et revenus, restaure les terres
Restauration des mangrovesProtège les côtes de la houle et des tempêtes, soutient la pêche
Aide alimentaire en période de criseÉvite que les familles vendent leurs biens pour survivre

Ce que fait LIFE sur le terrain

Active depuis 2009 dans plus de 25 pays, LIFE intervient précisément sur ces leviers : construction de puits, distribution alimentaire et, avec le programme Sapousse, plantation d'arbres économiques et restauration d'écosystèmes.

Au Bangladesh et en Indonésie, LIFE plante des mangroves et des bambous, qui protègent les côtes et les berges. En Indonésie, dans la région de West Nusa Tenggara, 20 000 arbres ont été prévus sur des terrains communaux et sur des zones à risque comme les berges de rivières. À Madagascar, Kanto témoigne que la mangrove replantée protège mieux son village et lui a permis de se lancer dans l'élevage de crevettes.

Au total, plus de 250 000 arbres ont été plantés et plus de 14 000 personnes accompagnées. Les chiffres clés de LIFE présentent l'ensemble de ces actions.

Ces projets n'effaceront pas l'injustice climatique. Mais ils permettent à des familles de tenir face aux chocs plutôt que de tout perdre.

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Avec 2 euros, vous plantez un arbre ou une mangrove qui protège les sols, les côtes et les revenus d'une famille dans un pays du Sud.

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Questions fréquentes
Pourquoi l'Afrique est-elle le continent le plus touché par le changement climatique ?

Parce qu'elle se réchauffe plus vite que la moyenne mondiale, que la majorité de sa population dépend d'une agriculture sensible aux pluies et qu'elle dispose de moins de moyens pour se protéger des catastrophes. Elle émet pourtant moins de 4 % des gaz à effet de serre mondiaux.

Qu'est-ce que l'injustice climatique ?

C'est le fait que les populations qui ont le moins contribué au changement climatique, souvent dans les pays pauvres, en subissent les effets les plus graves, tandis que les pays et les individus les plus émetteurs sont souvent mieux protégés.

Combien de personnes sont touchées par les catastrophes climatiques en Afrique ?

Selon l'OMM, au moins 13 millions de personnes ont été touchées et plus de 3 000 sont décédées à cause de phénomènes météorologiques et climatiques extrêmes en Afrique en 2025.

Comment aider les pays pauvres face au changement climatique ?

En réduisant ses propres émissions, et en soutenant des projets d'adaptation sur le terrain : accès à l'eau, agriculture résiliente, reboisement, restauration des mangroves et aide alimentaire en période de crise.

Le fonds pour les pertes et dommages est-il suffisant ?

Non. Créé lors de la COP28 en 2023, il marque une avancée politique, mais les montants promis restent très inférieurs aux besoins des pays touchés, estimés à des centaines de milliards de dollars par an.

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