Gaza : l'enfance au coeur d'une crise humanitaire

August 14, 2026
Puits au Cambodge
🔎Enquête

À Gaza, le blocus imposé par Israël en 2007 s’est considérablement durci depuis octobre 2023. Malgré l’entrée en vigueur d’un accord de cessez-le-feu le 19 janvier 2025, cette trêve n’a pas mis fin aux violences. L’acheminement de l’aide humanitaire internationale est toujours fortement entravé. Au cœur de cette crise sans précédent, les enfants sont les premières victimes et leur survie quotidienne ne tient désormais plus qu’à un fil.

73 000morts depuis le début du conflitMinistère de la Santé de Gaza, juin 2026
1,9 Mde personnes déplacées de forceOCHA
64 600enfants ayant perdu un parent ou les deuxMinistère palestinien du Développement social
90 %des écoles endommagées ou détruitesUNICEF
Chronologie de la crise
  • 2007

    Israël impose un blocus sur la bande de Gaza.

  • Octobre 2023

    Le blocus se durcit considérablement. Début du conflit et des déplacements massifs de population.

  • 19 janvier 2025

    Entrée en vigueur d’un accord de cessez-le-feu, qui ne met pas fin aux violences.

  • Août 2025

    La famine est officiellement déclarée : près d’un demi-million de personnes en proie à la faim.

  • 10 octobre 2025

    Nouveau cessez-le-feu. Légère amélioration de la sécurité alimentaire, qui reste critique.

  • Juin 2026

    Le bilan humain dépasse les 73 000 morts et 170 000 blessés.

  • Automne 2026

    L’IPC projette 101 000 enfants de 6 mois à 5 ans en malnutrition aiguë d’ici la mi-octobre.

I

État des lieux d’une crise humanitaire

La bande de Gaza, l’un des territoires les plus densément peuplés au monde, compte 2,1 millions d’habitants, soit autant de civils en situation d’extrême vulnérabilité qui paient le prix fort d’une crise dénoncée par plusieurs organisations internationales pour des violations du droit international. Depuis le début du conflit, le bilan humain a atteint un seuil dramatique, dépassant désormais les 73 000 morts, dont une majorité de femmes et d’enfants, ainsi que plus de 170 000 blessés, a déclaré en juin dernier le ministère de la Santé de Gaza.

Du nord au sud, l’enclave palestinienne ne connaît aucun répit. L’intensité des bombardements et les ordres d’évacuation successifs émis par l’armée israélienne ont provoqué un exode à l’intérieur même du territoire. Près de 1,9 million de personnes, soit la quasi-totalité de la population de l’enclave, ont été contraintes à au moins un déplacement forcé, indique l’OCHA. Poussées hors du nord et de la ville, ces familles ont dû rejoindre le centre et le sud, notamment à Deir al-Balah et dans la zone côtière d’Al-Mawasi, deux secteurs identifiés par l’ONU comme les principaux points de concentration des déplacés. Déracinées, ces familles qui ont dû tout laisser derrière elles s’entassent dans des camps de fortune surpeuplés où la promiscuité extrême et les conditions de vie précaires favorisent la propagation des maladies à grande échelle.

Les évaluations de terrain menées par l’OCHA révèlent l’ampleur de cette insalubrité. Sur les quelque 1 600 sites d’accueil recensés, 80 % font face à une prolifération massive et visible de rongeurs et de nuisibles. Conséquence directe de ce manque cruel d’hygiène, les maladies de peau se sont déjà propagées dans près de la moitié de ces camps (48 %).

Pour les Gazaouis, l’accès aux besoins essentiels comme la nourriture, l’eau potable ou les médicaments s’est transformé en un combat quotidien pour leur survie.

La crise de l’eau : chaque goutte compte

À Gaza, l’accès à l’eau potable est un luxe inestimable. Cette denrée est devenue rare et précieuse, forçant les familles à choisir quotidiennement entre boire, cuisiner ou se laver. La population dépend désormais presque exclusivement de l’aide humanitaire acheminée par les camions-citernes.

Selon l’ONU, Israël a détruit ou endommagé près de 90 % des infrastructures d’eau et d’assainissement, notamment les usines de dessalement, les puits, les réseaux d’égouts ou encore les canalisations. Les chiffres de l’UNICEF sont sans appel : 82 % des familles gazaouies connaissent une précarité hydrique.

Eau disponible par jour et par personne

Les habitants de Gaza ne parviennent à collecter qu’une fraction du seuil de survie recommandé par l’ONU.

Gaza, aujourd’hui4,5 à 6 L
Seuil recommandé par l’ONU15 à 20 L
Consommation moyenne en France150 L

Sources : ONU, UNICEF.

À cela s’ajoute une paralysie énergétique totale. Privées d’électricité depuis plus de deux ans et demi, les stations de pompage et de traitement dépendent de générateurs de secours. Mais les pénuries drastiques de carburant et le blocage des pièces de rechange empêchent toute exploitation ou réparation des réseaux. Conséquence de ce blocage, la production d’eau à Gaza s’est drastiquement effondrée pour atteindre à peine 40 % de son niveau d’avant-crise, tandis que l’extraction indépendante à partir des puits locaux a été divisée par trois, comme le souligne le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

Ce manque critique impacte directement les enfants : ils sont 1,1 million à ne pas avoir un accès garanti à l’eau potable, estime l’ONU. Pour survivre, les familles n’ont d’autre choix que d’extraire, au prix d’immenses efforts, un peu d’eau. Face à des systèmes d’égouts totalement détruits, les eaux usées se déversent à ciel ouvert et s’infiltrent dans les nappes phréatiques.

Cette eau collectée est insalubre, polluée et massivement contaminée par des bactéries, transformant chaque gorgée en un risque mortel et faisant des enfants les premières victimes des maladies hydriques telles que le choléra et les maladies diarrhéiques.
II

L’urgence alimentaire

Bien que l’instauration d’un cessez-le-feu le 10 octobre 2025 ait permis une légère amélioration par rapport au mois d’août précédent, où la famine avait été officiellement déclarée avec près d’un demi-million de personnes en proie à la faim, la sécurité alimentaire dans l’enclave reste profondément critique. Plus de 1,6 million de personnes souffrent d’insécurité alimentaire aiguë.

Les projections du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC) pour l’automne 2026 confirment l’urgence. D’ici la mi-octobre, près de 101 000 enfants âgés de 6 mois à 5 ans devraient souffrir de malnutrition aiguë, exigeant une prise en charge médicale immédiate. Parmi eux, plus de 31 000 cas graves. Les mères ne sont pas épargnées : 37 000 femmes enceintes ou allaitantes auront elles aussi besoin de traitements d’urgence.

Au milieu de l’enclave en ruine, les terres sont dévastées. Alors qu’elle représentait 11 % du PIB de Gaza avant le conflit, l’activité agricole s’est presque totalement éteinte : à peine 4 % des terres sont encore cultivables. Privée de sa production locale, la population dépend entièrement de l’aide extérieure. Or, le blocage des convois humanitaires aux frontières par les autorités israéliennes empêche l’approvisionnement, réduisant l’entrée des camions de nourriture à un niveau bien inférieur aux besoins vitaux de la population. En juillet 2026, l’aide se limite à 160 camions en moyenne chaque jour à Gaza, et près de la moitié de cette aide reste coincée aux postes-frontières sans être distribuée aux familles, selon l’ONG Action contre la Faim (ACF).

Bien que l’instauration du cessez-le-feu ait permis de faire baisser le prix de plusieurs denrées de base — la boîte d’œufs, qui coûtait 140 shekels (environ 37 euros), vaut désormais 25 shekels (environ 7 euros) —, ces prix restent malgré tout inaccessibles pour la majorité des familles gazaouies, qui peinent à se nourrir dignement.

III

Protéger l’enfance au milieu du chaos

La bande de Gaza est plus que jamais devenue une terre hostile pour les enfants, synonyme de danger permanent, de privations extrêmes, de traumatismes et d’un avenir suspendu au chaos de la guerre.

Les premières victimes

Selon les données de l’UNICEF d’avril 2026, depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu en octobre 2025, plus de 265 enfants ont été tués, soit en moyenne un enfant chaque jour, et 400 autres blessés. Les pédopsychiatres présents sur le terrain et les équipes de l’UNICEF tirent la sonnette d’alarme face à ce qu’ils qualifient de « trauma de guerre ». Plus d’un million d’enfants à Gaza ont besoin d’une prise en charge psychosociale d’urgence.

Un système éducatif anéanti

Près de deux ans et demi d’attaques continues contre les infrastructures scolaires ont mis en péril l’avenir de toute cette jeunesse. Plus de 90 % des écoles de l’enclave ont été endommagées ou complètement détruites. Ce désastre éducatif frappe dès le plus jeune âge : plus de 335 000 enfants de moins de 5 ans risquent désormais de souffrir de graves retards de développement en raison de l’effondrement total des services destinés à la petite enfance, alerte l’UNICEF. Cette déscolarisation forcée brise le seul repère de normalité qui restait aux enfants.

La tragédie des orphelins

Au-delà des bancs de l’école, le drame se joue aussi au cœur des foyers. Plus de 64 600 enfants ont perdu un parent ou leurs deux parents depuis le début de la guerre, indique le ministère palestinien du Développement social. Parmi ces milliers de cas de détresse, l’UNICEF estime qu’au moins 17 000 enfants se retrouvent aujourd’hui totalement « non accompagnés » ou séparés de leurs familles.

Face à cette urgence, de nombreuses ONG et associations se mobilisent pour apporter une réponse ciblée. C’est le cas de LIFE, qui agit à Gaza depuis plusieurs années déjà, et qui propose un dispositif de parrainage d’enfant. Concrètement, l’aide prend la forme de bons d’achat codifiés et strictement nominatifs, entièrement traçables, uniquement utilisables auprès de commerçants locaux partenaires, pour couvrir des besoins essentiels : alimentation, produits d’hygiène, soins médicaux, vêtements ou encore fournitures scolaires. Ce type de programme apporte une aide directe à l’enfant, tout en soutenant l’économie locale.

Dans une bande de Gaza où une grande partie des structures d’aide traditionnelles est désorganisée, ce parrainage apporte une réponse concrète aux besoins des enfants orphelins en situation d’extrême vulnérabilité.

Sources citées dans l’enquête
  • Ministère de la Santé de Gaza (juin 2026)
  • Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA)
  • Organisation des Nations unies (ONU)
  • UNICEF (avril 2026)
  • Comité international de la Croix-Rouge (CICR)
  • Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC, automne 2026)
  • Action contre la Faim (ACF)
  • Ministère palestinien du Développement social
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Parrainer un enfant orphelin à Gaza

Face à cette urgence, LIFE propose un dispositif de parrainage d’enfant à Gaza : des bons d’achat nominatifs et traçables, utilisables chez des commerçants locaux partenaires, pour couvrir l’alimentation, l’hygiène, les soins et la scolarité.

Découvrir le parrainage d’orphelin →
Questions fréquentes
Combien d’enfants sont orphelins à Gaza en 2026 ?

Plus de 64 600 enfants ont perdu un parent ou leurs deux parents depuis le début de la guerre, dont au moins 17 000 totalement non accompagnés, selon l’UNICEF et le ministère palestinien du Développement social.

Pourquoi l’accès à l’eau est-il si critique à Gaza ?

90 % des infrastructures d’eau et d’assainissement ont été détruites ou endommagées. Les habitants ne disposent que de 4,5 à 6 litres d’eau par jour et par personne, contre 150 litres pour un Français.

Comment aider les enfants orphelins de Gaza ?

Le parrainage d’enfant proposé par LIFE ONG permet de couvrir les besoins essentiels (alimentation, hygiène, santé, scolarité) via des bons d’achat nominatifs utilisables chez des commerçants locaux partenaires.

Y a-t-il une famine à Gaza en 2026 ?

La famine avait été officiellement déclarée en août 2025. Le cessez-le-feu d’octobre 2025 a permis une légère amélioration, mais plus de 1,6 million de personnes souffrent encore d’insécurité alimentaire aiguë.

Combien d’écoles ont été détruites à Gaza ?

Plus de 90 % des écoles de l’enclave ont été endommagées ou complètement détruites après deux ans et demi d’attaques continues.

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