Le mois dernier :
Repas offerts
Puits offerts
Arbres offerts

Mali : forage d’eau en zones de guerre

LIFE collabore avec de nombreux partenaires locaux. Des équipes qui agissent sur le terrain, et dont la motivation est sans faille. Dans des contextes de guerre et de conflits, elles oeuvrent sans relâche et font tout leur possible pour apporter, malgré tout, une aide aux personnes dans le besoin.  Réaliser un forage d’eau  dans des pays en guerre comme le Mali n’est pas simple.  Dramane Arby,  partenaire de LIFE au Mali, et Président de l’association pour le développement des initiatives locales au Mali (ADIL) nous fait un point sur la situation du pays et sur l’importance d’agir en zone de guerre, malgré les difficultés du terrain. 

Pourriez-vous vous présenter et nous raconter votre parcours ?

 Je suis ingénieur géologue de métier. Cela fait maintenant 35 ans que je suis dans les actions de développement local. J’y ai travaillé en qualité de superviseur, chef de projet ou encore coordinateur. J’ai le privilège de diriger l’association ADIL depuis 2012. Une association qui s’est transformée en ONG nationale en mai 2018. Depuis, l’ONG a principalement travaillé avec des partenaires comme LIFE, la MINUSMA ( Mission Multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la Stabilisation au Mali) et le PNUD (Programme d’appui aux communes vulnérables). Ces partenariats ont jusque-là évolué dans les domaines suivants : l’hydraulique, l’agriculture, l’élevage, l’artisanat, l’énergie et l’environnement.

Pouvez-vous revenir sur le contexte actuel au Mali ?

Le contexte politique au Mali est assez instable. On vit une période de transition politique depuis le coup d’Etat du 18 août 2020. La junte militaire au pouvoir disait qu’elle avait pour mission de parachever la lutte du peuple malien pour le changement. Mais, il y a une vive tension entre cette junte au pouvoir et la classe politique par rapport à la mise en place de l’organe législatif qu’est le Conseil National de Transition.

Le front social est en ébullition. Depuis la mise en place du gouvernement, les grèves ne font que se multiplier. De revendication en revendication, on tend vers un blocage socio-économique. Comme si le COVID-19 ne suffisait pas!

Pourquoi au Mali, est-il nécessaire d’aller dans les zones proches des zones de conflits pour un forage d’eau ?

Les zones abandonnées ou léguées en arrière-plan constituent partout des zones à risque de rébellion donc d’instabilité. Si le taux de couverture en eau potable est de 60% en moyenne à l’échelle nationale, au Nord, où la menace terroriste est présente, c’est autour de 50%. D’où le besoin de réalisation de nouveaux points d’eau.

Seulement, les forages de petites et moyennes profondeurs ne peuvent être exécutés que dans des zones particulières, c’est-à-dire, dans des territoires qui se trouvent non loin des cours d’eau. Dans le désert, une bonne partie du territoire au nord du Mali, le besoin en eau est crucial, mais cela nécessite de creuser à des grandes profondeurs, autour de 100 mètres.

C’est pourquoi, nous sollicitons de plus en plus souvent la construction de châteaux d’eau, qui permettent de creuser plus profond. Nous en avons déjà réalisé plusieurs avec LIFE.

Quelle est la principale difficulté rencontrée sur le terrain pour un forage d’eau ?

Depuis 2012, le Mali connaît une crise sécuritaire qui s’est étendue sur une grande partie du territoire. Nous agissons dans ces zones d’insécurité, à Mopti et Tombouctou. Nous ciblons les zones où l’on peut travailler. Mais, dans nos mouvements, nous ne sommes pas libres. On doit être très prudents pour mener nos activités.

Nos zones d’intervention sont en grande nécessité d’eau car, on est au Sahel. La pluviométrie est faible, les cours d’eau sont menacés et les nappes ne sont pas bien alimentées. Comme les nappes sont très profondes, ce n’est pas facile de pouvoir les atteindre.

Parfois, on va dans une communauté où les besoins en eau sont immenses mais malheureusement, nous ne pouvons pas faire le forage. C’est alors vraiment le désespoir. Pour nous, mais encore plus pour la communauté qui ne comprend pas. Ces difficultés peuvent amener quelques problèmes sur le terrain avec les populations.

Vous avez fait de nombreux forages d’eau avec LIFE. Quel événement vous a le plus marqué ?

Un jour, on est venus dans une zone, on leur a dit qu’on était prêt à faire un forage. Mais, il fallait une source d’eau à proximité pour pouvoir alimenter la machine et créer le point d’eau. Sauf que là-bas, il n’y en avait nulle part, même pas un marigot. La distance de la source d’eau la plus proche était à 3km.

Ils nous ont demandé des bidons, on leur a fourni. Mais, on n’y croyait pas. A notre grande surprise, tout le village s’est mobilisé. On est arrivés à 8 heures du matin, et il n’y avait même plus de place. Tous les bidons et jarres étaient remplis d’eau. Je me souviens, le chef du village, nous a dit “On a tellement besoin d’eau, que même si vous nous dites de déplacer une montagne, on est prêts à le faire pourvu qu’il y ait de l’eau”. Avec ça, on a pu vite terminer le point d’eau. Pour vous dire que parfois, on voit une détermination immense tellement, on sent que ça leur tient à coeur.

Quelle est la réaction des populations bénéficiaires après la mise en place d’un point d’eau ?

Quand ils reçoivent un point d’eau, c’est vraiment la fête au village. On a des images où on voit des danses, d’autres font des cadeaux comme par exemple une chèvre ou un bouc. C’est pour eux une façon d’exprimer leur gratitude envers l’équipe qui a réalisé le forage. Ils sont contents, vraiment, c’est une joie pour eux!

Vous souhaitez financer un puits ? Rendez-vous ici 

Plus à explorer

Autre

Mot du Président

Nous sommes en septembre 2009, dans un minuscule local basé à Saint-Denis. Un groupe de bénévoles, dont je fais partie …

Ils parlent de nous

Tataki parle de LIFE ONG

Lors de son interview par Tataki, Mehdi Debbrah, qui a réalisé une marche de 4000 km au départ de Paris pour rejoindre son grand-père à