La chaleur d’Afrique sera-t-elle salutaire pour nos amis africains ?

Si l’on en croit les statistiques de l’OMS, au 29 mars, l’Afrique est pour l’instant épargnée par le virus. La maladie a fait 24000 morts dans le monde en 2 mois alors que l’Afrique n’en dénombre «que » 50.

Si ces statistiques sont favorables pour l’instant à ce continent, il faut reconnaître que pour le moment, tous les pays Africains ne disposent pas de l’ensemble des moyens techniques pour faire les analyses représentatives de la réalité.

Cependant, même si les scientifiques sont partagés sur la question, on espère que le virus sera gêné par la chaleur. On l’espère vraiment car le tableau des facteurs favorisant une épidémie est comme d’habitude bien garni dans les pays en voie de développement.

“Un combat bien inégal face au virus”

Hervé Dubois

L’exode rurale, accéléré par le réchauffement climatique et les guerres des dernières années, ont pour résultat une concentration des populations dans les grands centres urbains.

L’organisation sociale, l’esprit d’hospitalité et les traditions favorisent les rapprochements humains et les contacts physiques. Les modes de vie dans le secteur informel et les conditions économiques précaires dégradent l’hygiène individuelle et collective.

Le manque de moyens des systèmes de santé dans ces pays rend le combat bien inégal face au virus. Ce dernier s’attaquant en priorité aux personnes affaiblies, il ne va pas manquer de sujets avec les cohortes interminables de patients atteint de tuberculeuse, paludisme, sida, et autres maladies tropicales.

Des mesures rapides mais efficaces ?

Pour autant, en Afrique, nombreux sont les pays qui ont pris très vite des mesures pour lutter contre l’épidémie. On peut cependant constater quelques difficultés.

L’instauration d’un couvre-feu est, semble-t-il, le plus facile à mettre en place et il est bien visible donc, rassurant pour la population. Le gouvernement affiche ainsi sa volonté d’action et d’autres mesures, telles que la fermeture des lieux de culte ou l’interdiction des événements sont aussi à l’ordre du jour.

Dans les marchés, les contacts physiques sont inévitables.

Mais si le couvre-feu est vite mis en place, l’application des autres mesures est moins facile dans la pratique. On observe une “clandestinité” des événements comme les mariages ou baptêmes.

Et les marchés ? Là-aussi, comment interdire les marchés en Afrique sans mettre tout le monde dans la rue ? Comment vont vivre le paysan et le commerçant ? Le concept de chômage rémunéré ne fait pas partie du secteur informel.

Et comment vont se nourrir les populations sans marché ? Il n’a pas ou peu de supermarché climatisé appliquant les précautions sanitaires recommandées. Il n’y a pas de « Drive » et internet n’est d’aucun secours en la matière…

Espérons donc que la chaleur tue le virus par ce que sans douter de l’ingéniosité de mes amis africains, là, je ne vois pas comment appliquer à la lettre les modèles de prévention occidentaux, c’est-à-dire le « no touch » !

 

Hervé Dubois, Directeur Exécutif