DE LA SCÈNE À LA RÉALITÉ

L’humoriste et comédienne Samia Orosemane est allée au Mali pour une mission humanitaire pour l’opération 1€/1FTOR. Elle nous a livré un témoignage en direct du Mali dans lequel elle décrit les scènes les plus touchantes, et parfois terrifiantes qu’elle a vécues sur le terrain. 

« On était à 120 kilomètres exactement de Bamako. On a fait une distribution à Keleya et ensuite on est allé à l’intérieur des terres, on s’est éloigné des routes, pour arriver dans un village où il n’y a ni eau courante, ni électricité, complètement rien. Les gens ont vraiment du mal à survivre comme ça. Et ils n’ont aucun revenu.

LIFE a envoyé de grandes quantités de nourriture, de quoi nourrir une famille pendant un mois pendant le Ramadan. On est allé dans trois villages pour faire les distributions. Les gens étaient répertoriés par les mairies. Celles-ci ont choisi les plus nécessiteux qui allaient venir récupérer leur colis avec un ticket. Nous avons assisté à cette scène et l’avons postée sur nos réseaux sociaux.

Nous avons aussi rencontré des gens qui nous racontaient leurs tristes histoires. Je ne travaille pas dans l’humanitaire, je suis juste comédienne, mais je les ai tout de même fait rire, et les enfants aussi. Mais c’est vrai que ça met une claque de voir des enfants habillés avec des haillons courir dans les rues.

lls n’ont presque rien sur eux. Et puis, là on prend aussi conscience du confort dans lequel nous vivons au quotidien. Pour nous, l’accès à l’eau courante, c’est très simple. Pour une douche, on allume l’eau et c’est réglé. Là c’est un village où la seule source d’eau est le puits que LIFE a construit il y a un mois. Avant ça, ils n’y avait rien. Et c’est un puits pour tout le village, donc tout le monde vient chercher son eau. Et pour se laver, ce sont des conditions rudimentaires…

C’est comme aux camps scout où l’on n’a accès à rien et où l’on doit avoir sa propre eau, la réchauffer etc. Sauf qu’eux (les démunis) ne font pas du scoutisme, ils vivent toute l’année comme ça.

Quand on entre aux toilettes, il n’y a pas de cuvette, seulement un trou au sol. Si on ne sait pas tenir l’équilibre, comment fait-on ? Pour moi, le problème s’est posé ah ah ah ! Je suis restée que deux jours et une nuit sur place. On se dit ça va, je vais retourner à la réalité, je vais pouvoir avoir une vie comme tous les jours. Mais eux comment font-ils toute l’année ? Et puis c’est aussi incroyable qu’en 2018 cela puisse encore exister. C’est tout prêt de chez nous !

En quatre heures de vol seulement on arrive au Mali ! Comment ça peut encore exister ? Je ne comprends pas …

Et donc nous essayons de mettre la lumière sur ce qui se passe là-bas, de sensibiliser les gens et de les pousser à donner. Les gens se disent je n’ai pas grand chose, je suis étudiant, je n’ai rien mais avec 1 euro, même en étant étudiant, on peut nourrir des gens. (…)

Sur ma page, j’ai 250 000 fans. Notre cagnotte est à 50 000 euros, si chacun donne 1 euro, la cagnotte explose ! Mais malheureusement, on ne prend pas tous conscience…On doit agir !

Un jour ou l’autre, nous rendrons des comptes sur ce qu’on a fait de notre argent. Comment peut-on travailler, vivre paisiblement, jeûner et se dire qu’à quelques heures de chez nous, il y a des gens qui n’ont rien du tout ! Et cela ne nous dérange pas, on continue de vivre notre vie tranquillement.  Sur notre table le soir, il y aura cinq six plats, on pourra rompre le jeûne.

On a accès à tout et on ne peut rien faire pour eux ? Mais si nous pouvons faire ! Et aujourd’hui, on a l’occasion d’agir.

Donc on est là pour essayer de montrer aux gens que cette action est possible, qu’on ne demande pas grand chose et qu’il y a une vraie réalité sur le terrain. Ce n’est pas une énième ONG qui prend des sous sans savoir quelle sera leur destination. Non ! Chaque centime qui a été collecté est redistribué en temps et en heure. Et c’est aujourd’hui qu’on a besoin d’aide… (…)

Quand on a dormi au village, nous avons discuté avec des réfugiés maliens qui avaient décidé de quitter le pays pour essayer de s’en sortir et qui se sont finalement retrouvés emprisonnés en Libye et en Algérie. Ils nous racontaient avoir vécu des choses horribles et avoir été dépouillés de tout ce qu’ils possédaient avant de fuir leur pays. Ils sont retournés au Mali sans un sous. Ils nous ont raconté leur parcours pour qu’on puisse en parler à LIFE et pour qu’on puisse les aider.

Ils ne demandent pas l’aumône, ils demandent juste qu’on les aide à monter leurs propres projets ici et à s’en sortir financièrement. Parce que pour démarrer quelque chose, quoi que ce soit comme activité, quand on est soudeur, commerçant, il faut un minimum de capital. Ils demandaient donc s’il y a possibilité de se faire aider sur ces projets là.

C’est encore une fois l’histoire de ne pas donner le poisson aux gens et de les asservir, mais plutôt de leur apprendre à pêcher, et de finalement les aider à s’auto-suffire. »

*Extrait de l’interview donnée par Samia Orosemane à Beur FM, le 24/05/2018.

Investissez vous aussi votre au-delà en participant à notre opération, des milliers de démunis à travers le monde comptent sur vous…!

 » Qui donne à un jeuneur de quoi rompre son jeûne aura la même récompense que lui sans que sa récompense ne diminues en rien.  » (Tirmidi)

 

Leave a Reply