Corona, l’effet papillon pour les Pays en voie de Développement

Depuis deux mois, en Europe, nous sommes saisis par une situation inédite ou chacun essaie de se « re » positionner. Les réseaux de communication sont, comme nos hôpitaux, en surchauffe.

On apprend à travailler différemment. On est bousculé, obligé de sortir un peu de notre zone de confort pour imaginer l’avenir. On doit faire face à un confinement forcé plus ou moins accepté.

Chacun réagit comme il peut, avec intelligence ou pas d’ailleurs (violence conjugale). Comme chacun imagine la sortie de crise avant l’été, on s’organise plutôt dans la bonne humeur et les apéros virtuels fleurissent.

Donc, malgré les drames que beaucoup vivent, on s’en accommode sans trop d’appréhension. Et puis, il y a un autre scénario un peu plus sombre qui titille nos esprits actuellement.

En effet, en Europe, si le virus n’est pas sensible à la saisonnalité et qu’il décide de nous accompagner durant l’été, s’ajoutera aux victimes sanitaires de nombreuses victimes économiques.

Il faudra s’attendre, chez nous, à une augmentation durable de chômage, de la précarité et des tensions sociales.

En Afrique,

L’Afrique, première victime

Si l’ampleur du virus y est moindre pour le moment comparé à l’Europe, l’Afrique ne sera malheureusement pas épargné par la chute des marchés financiers et l’effondrement économique temporaire des nations fortes.

Les économies des Pays en voie de Développement, même si elles ne ramassent injustement que les miettes, dépendent en grande partie de la bonne santé des échanges économiques internationaux et des programmes de coopération liés.

L’arrêt brutal du tourisme mondial et de ses économies dérivées viendra tuer des millions d’emplois directs, indirects et informels.

Le tiers secteur qui alimente une grande partie de la masse salariale de ces pays aura du mal à faire face. L’alourdissement de la dette sera inéluctable pour payer les fonctionnaires et les forces armés afin assurer la stabilité politique et sociale.

Tout cela au moment de la période de soudure dans les pays sahéliens où les produits alimentaires sont très chers sur les marchés. Bref, ça risque de secouer !

Des tensions montent déjà dans certaines capitales. Les organisations humanitaires, privées ou publiques, ne manqueront pas de boulot dans les mois qui viennent, encore faut-il qu’il y ait de l’argent pour cela.

 

Hervé Dubois, Directeur Exécutif

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