8 questions à Thierry, technicien des puits au grand coeur

Depuis un an et demi, Thierry travaille au sein de LIFE ONG comme coordinateur technique au sein des projets “eau et assainissement“. Son rôle? Accompagner nos partenaires locaux sur le terrain dans la réalisation de leurs puits ou forages.

Si la technique est au coeur de son travail, il n’en oublie pas le plus important : l’humain. Aujourd’hui, il a accepté de répondre aux 8 questions que se posent nos donateurs.

1. Comment prenez-vous connaissance des besoins en eau d’un village en particulier ?

Très peu de bénéficiaires connaissent directement LIFE. Ils formulent généralement leurs besoins liés à l’eau auprès de leurs communes respectives qui sont elles-mêmes en relation directe avec les services hydrologiques ainsi que les régions. Les régions vont ensuite s’adresser aux associations locales qui adresseront leurs demandes aux différentes ONG avec lesquelles elles travaillent.

puits d'eau afrique
Mission au Togo dans laquelle Thierry a pu vérifier le bon fonctionnement des puits.

Il peut également arriver que des partenaires locaux constatent d’eux-mêmes le manque

 d’eau sur le  terrain. Souvent, ils entrent dès lors en contact avec les chefs de village afin de discuter avec eux de la mise en place éventuelle d’un puits d’eau ou forage au sein de leur communauté.

Le partenaire local est donc le maillon le plus important de la chaîne car c’est par lui que passent toutes les requêtes. Il est au plus près des populations bénéficiaires et est donc le plus à même de constater leurs réels besoins.

2. Comment se déroule le processus suite à une demande de puits?

Dès qu’une demande de puits est énoncée, un processus est engagé avec le partenaire local. Un livret de procédure lui est alors envoyé comprenant une fiche diagnostique correspondant à une mission de prospection sur le terrain nommée “mission exploratoire” de laquelle découleront d’autres phases liées aux questions de propriété foncière, au nombre de bénéficiaires, etc…

Suite à l’émission du diagnostic terrain par notre partenaire local, les membres du pôle projet entrent en action pour la lecture et l’étude des différents diagnostics en cours dans cette zone.

Après réception et validation de l’ensemble des documents nécessaires au lancement des ouvrages sollicités, le pôle projets veille au suivi régulier des travaux, au respect des conditions notifiées dans le cahier des charges ainsi qu’au respect des délais établis au préalable jusqu’à la livraison des ouvrages en bonne et due forme.

3. Quel type de relation entretenez-vous avec vos partenaires locaux?

Depuis de nombreuses années, nous travaillons main dans la main avec certains de nos partenaires et nous mettons un point d’honneur à stimuler par ce biais l’économie locale. Avec le temps, une relation de confiance s’établit entre eux et nous. Un partenaire que l’on peut qualifier de fiable est le résultat de nombreuses années de collaboration.

Après, nos exigences en tant qu’ONG ne sont pas toujours représentatives de ce qui se passe réellement sur le terrain. Lorsque l’on débute un nouvel ouvrage, énormément de paramètres entrent en compte. Parfois, un partenaire fiable peut avoir recruté un nouvel exécutant moins compétent que son prédécesseur, et qui prendra peut-être plus de temps à réaliser l’ouvrage.

Nous ne travaillons pas uniquement avec des numéros de références ou de commandes mais nous travaillons avec l’humain. Le côté humain est très important dans ce type de collaboration. Encore une fois, nous ne sommes là que pour les accompagner dans la mise en place de leur projet.

eau puits afrique
Mission au Togo dans laquelle Thierry a pu vérifier le bon fonctionnement des puits.

4. Quelle étape est la plus longue dans la phase de diagnostic?

Il faut différencier l’étape la plus longue et l’étape la plus importante. La plus importante est sans conteste celle de l’exploration car c’est elle qui détermine la viabilité de l’ouvrage. Si l’on se trompe sur celle-ci, tout le reste ne sera qu’une succession d’échecs.

Concernant l’étape la plus longue, il s’agit selon moi de la mise en place du comité de gestion car rappelons que LIFE agit principalement dans un objectif de développement. Nos objectifs sont la sensibilisation et l’accompagnement.

La mise en place d’un comité de gestion fiable et efficace est à l’image de la recherche d’un partenaire local de confiance. Il ne suffit pas de désigner les rôles et responsabilités de chacun. Nous devons nous assurer du réel taux d‘implication des bénéficiaires et nous assurer qu’ils ne se retireront pas du comité de gestion une fois l’ouvrage terminé.

Nous devons aussi vérifier qu’il n’y ait pas de tensions entre les différents villages voisins afin que le puits ne vienne pas accroître celles-ci. On accompagne et on conseille du mieux que l’on peut. Une fois de plus, l’humain entre en compte.

5. Quelles sont les caractéristiques techniques d’un forage et d’un puits creusé ?

Le puits est un ouvrage généralement creusé par des puisatiers à l’aide de pelles et pioches, voir par le biais de machines adaptées au creusage. Il est généralement peu profond (une trentaine de mètres maximum) et est reconnaissable par une ouverture relativement large.

Il va généralement être cuvelé avec des buses en ciment pour en maintenir les parois. Il Il est approvisionné par des infiltrations d’eaux de pluie qui se sont accumulées dans le sol en accédant à des zones saturées en eau, les nappes phréatiques. La quantité d’eau en son sein varie en fonction de la pluviométrie.

Le forage est caractérisé par un trou foré d’environ 20 centimètres de diamètre dont les parois sont stabilisées par une longue colonne de  tubes (habituellement en PVC) pouvant atteindre de très grandes profondeurs (parfois plus de 300 mètres) et atteindre ce que l’on appelle les nappes captives. La potabilité y est très sûre.

6. Lequel des deux est le plus avantageux?

villages difficiles d'accès, association life ong
LIFE prête attention à se rendre dans les zones reculées, là où les autres ONG sont absentes.

Le puits creusé  permet également aux populations vivant dans des zones très reculées de disposer d’un accès plus direct à l’eau, là où les machines et plateformes de forage ne passent pas.

Même si la potabilité de l’eau n’y est pas garantie, il reste donc adapté à divers contextes locaux, l’un des objectifs spécifiques de LIFE étant de soutenir des villages dans les endroits où il n’y a aucun point d’accès potable et où d’autres ONG ne se rendent pas nécessairement.  

Le forage est plus rapide mais plus coûteux et nécessite un entretient plus important que le puits traditionnel. Il est également beaucoup moins dangereux lors de la réalisation car les opérations sont est exécutées  depuis la surface alors que le fait de creuser un puits à la main nécessite une présence humaine au fond du trou pour creuser et ces personnes s’exposent aux risques d’effondrement notamment lors des périodes d’intempéries.

L’un n’est pas meilleur que l’autre. Ils répondent tous deux à des besoins différents. Prenons l’exemple d’un village possédant du bétail et nécessitant l’accès à l’eau afin d’y abreuver les bêtes, le puits foré ne  correspondrait absolument pas à la demande car le débit fournit par la pompe serait beaucoup trop faible.

Puits d'eau - afrique
S’ils servent en premier lieu à la population, les puits peuvent aussi servir à abreuver les bêtes.

7. Quelle est la durée de vie moyenne d’un puits?

La réponse à cette question est très aléatoire et dépend totalement du contexte environnemental. Logiquement, tant que le choix des matériaux a été effectué consciencieusement, que la maintenance du puits est assurée, que la population locale est sensibilisée à bien veiller à maintenir la pérennité du puits et qu’il n’y a pas de gros souci écologique majeur, un puits peut durer aussi longtemps que la vie nous le permettra.

Mais il s’agit là d’une situation utopique. Je dirais que la moyenne est d’environ 20 ans. D’où le fait de sensibiliser et d’accompagner les populations bénéficiaires. Cette étape est de loin la plus importante dans un projet de développement.

La population est en joie après l’installation de leur nouveau puits.

8. Comment se déroulent vos audits une fois le puits terminé ?

Une fois de plus, le côté humain est au premier plan. Au delà des retours d’analyses physico-chimiques et bactériologiques, etc… il est très important pour nous lors de l’audit de prendre le temps d’échanger avec la population locale.

Il m’est arrivé notamment au Mali d’être amené à questionner les femmes du village, généralement les principales utilisatrices des puits, afin de savoir si l’eau n’a pas un goût spécifique, si elles ne constataient rien d’anormal, etc..

Ce jour-là, juste avant que nous ne partions, une femme vient me voir et m’informe qu’elle a trouvé un petit vers de terre dans une bassine d’eau. Nous avons alors effectué des recherches supplémentaires, puis, après avoir puisé six bassines d’eau, toujours rien !

La septième bassine contenait bien des vers de terre. Elle avait raison, elle l’avait vu ! Cette femme avait remarqué l’apparition de ces vers après les fortes pluies. Il s’agissait d’un léger défaut d’étanchéité du puits dû à une disjonction des buses à l’intérieur du puits.

Tout ceci entre dans l’accompagnement des bénéficiaires. Il ne s’agit donc pas seulement de financer et de faire construire des ouvrage, puis de repartir comme on est venu. Nous essayons de nous projeter et d’investir sur l’avenir.

Si toi aussi, tu souhaites offrir un puits à un village, c’est ici : https://life-ong.org/constuire-puits-afrique-asie/ 

 

 

 

Journée mondiale contre la faim : rien de positif à l’horizon

Vous le savez sans doute, chez LIFE, l’un de nos combats principaux est la lutte contre la faim dans le monde. C’est pourquoi, en cette journée mondiale de l’alimentation, nous souhaitions vous alerter sur la faim dans le monde.

Des habitants reçoivent un colis de nourriture - association life ong

Une personne sur 9 souffre de la faim

Selon le dernier rapport annuel de l’ONU, ‘’690 millions de personnes’’ sont actuellement en sous-alimentation. Or, d’ici 2030, ce nombre pourrait atteindre ‘’840 millions’’. Les causes? En premier lieu, les guerres. En effet, des dizaines de rapports pointent le lien tragique entre les conflits et la faim. Et cela va dans les deux sens, puisque le manque de nourriture provoque à son tour de nouveaux conflits.

En deuxième position, on note les catastrophes naturelles et conditions climatiques extrêmes. Lorsqu’une famille perd tout (dont ses récoltes), elle n’a d’autre choix que de fuir et de partir en quête d’un nouveau logement… mais aussi de nourriture!

Les deux continents les plus touchés sont l’Asie et l’Afrique, où l’on retrouve respectivement 381 millions et 250 millions de personnes sous-alimentées. Cependant, on constate en Afrique une croissance bien plus importante qu’en Asie.

Une femme âgée bénéficie d'un colis de nourriture - association life ong

Le COVID19 n’arrange rien!
 

Et la situation risque de s’empirer dans les mois, voir les années, à venir. En effet, le COVID 19 ne tue pas que de par son virus. Les conséquences économiques de cette pandémie risquent d’entraîner des famines, et donc de faire encore davantage de victimes.

D’après les experts de l’ONU, il est estimé en 2020  une hausse de 132 millions de personnes souffrant de la faim sur les prévisions initiales. Ceci en raison de la récession économique et de la fermeture des frontières.

Avec le coronavirus, des distributions d'urgence ont eu lieu pour lutter contre la faim

Comment lutter contre la faim dans le monde?


Chez LIFE, nous avons fait de ce fléau notre principale action. Depuis dix ans, nous organisons des distributions alilmentaires dans les pays en développement et nous ne comptons pas baisser les bras face à la situation actuelle.

En plus de nos grosses opérations de distributions lors des périodes de Ramadan et de l’Aïd, nous menons également des actions d’urgence, quand cela est nécessaire ou que des dons affluent en suffisance.

Ainsi, pendant le confinement, nous avons pu mener des opérations d’urgence au Mali, en Indonésie, au Liban et dans plusieurs autres pays. À travers le programme 1 € = 1 repas, vous nous vous donnons la possibilité d’offrir à manger à ceux qui en ont le plus besoin.

N’hésitons plus ! Rendons ce monde meilleur. Aidons ensemble et accompagnons les populations oubliées de la terre !

7 actions individuelles pour sauver la planète

Depuis quelques années, l’écologie est au centre de tous les débats. Il est urgent d’agir et beaucoup l’ont désormais assimilé. Chez LIFE, nous avons fait de l’environnement l’un de nos principaux combats grâce à notre programme “Sapousse”, qui vise à lutter contre la déforestation, au travers de la plantation d’arbres.

Aujourd’hui, même si les grosses décisions doivent se prendre au niveau des pouvoirs publics, il est tout  à fait possible d’agir de façon individuelle, en améliorant ses habitudes du quotidien. Voici donc 7 actions individuelles à adopter pour sauver la planète.

1. Acheter local

On le répète encore et encore. Il est important de consommer local! Évitez d’acheter des produits cultivés loin de chez vous et suremballés. Pourquoi? Car des fraises achetées en hiver nécessitent 25 fois plus de pétrole (transports) que celles de saisons produites localement.

Chez LIFE, lors des distributions alimentaires, nous portons une attention particulière à ce que tous les aliments soient achetés localement, c’est-à-dire dans le pays de distribution. De cette façon, vous soutenez également les producteurs de votre région!

Colis alimentaires avec des produits locaux - association life ong
Distribution de colis alimentaires au Sénégal contenant uniquement des produits locaux

2. Bannir le plastique

Le plastique, ce n’est pas chic! Premier pollueur des océans, le plastique représente un flux entrant de 8 millions de déchets chaque année. La production mondiale de plastique a connu une croissance exponentielle, passant de 2,3 millions de tonnes en 1950 à 448 millions en 2015. Or, les estimations de la durée du vie du plastique vont de 450 ans à l’infini.

Que faire pour lutter contre cela ? Evitez au maximum l’utilisation de plastique, que ce soit dans la cuisine ou dans la salle de bain. Pour faire vos courses, privilégiez des sacs réutilisables.

Sacs réutilisables, écologiques _ association life ong
Sacs réutilisables contenant des kits scolaires offert par LIFE aux enfants.

3. Adopter le shampooing solide

On le voit dans les médias, de plus en plus de familles tentent d’adopter une démarche zéro déchet. Et comme énoncé dans le point précédent, l’une des premières pièces où il est possible de faire des efforts, c’est la salle de bain!

En effet, il est possible de sentir bon, tout en ne produisant aucun déchet. Partout, il existe désormais des boutiques offrant des cosmétiques écologiques. Adieu les liquides, bonjour les solides! Le savon, le shampooing ou encore le dentifrice peuvent en un claquement de doigts être remplacés… et en plus, c’est meilleur pour la peau!

shampooing solide, geste écologique

4. Utiliser une gourde

Vous le savez, chez LIFE, l’un de nos combats principaux est l’accès à l’eau potable. C’est pourquoi nous construisons des puits pour les habitants vivant dans des villages démunis d’eau, en Afrique et en Asie.

Mais en Europe, nous avons (pour la plupart) la chance d’avoir de l’eau potable qui coule à flots dans notre maison. Un geste simple pour la planète : ne plus acheter de l’eau dans des bouteilles en plastique. Préférez une gourde et, au besoin, ajoutez un filtre à votre robinet. On évite le gaspillage, la pollution… et on économise!

Un village au Togo a bénéficié d'eau potable - association life ong

5. Privilégier la seconde main

Acheter du nouveau, c’est attrayant…mais cela pollue! En effet, en évitant de consommer neuf, vous réduisez la production à la source mais aussi les besoins en énergie. Conséquences? Une diminution de l’utilisation des matières premières, moins de gaspillage des ressources et moins de pollution par les usines.

Et si vous deveniez un éco-consommateur responsable? Vous pouvez acheter des produits d’occasion dans les boutiques de seconde main, vendre vos vêtements ou objets déjà utilisés ou même en faire don. Et en plus, cela vous fera de belles économies!

6. Faire du compost

En plus d’être un éco-consommateur responsable, vous pouvez aussi devenir un éco-jardinier! Comment? En créant votre propre compost, cette terre brune résidu de la décomposition des déchets qui permet d’améliorer la qualité des sols et fera des miracles dans votre potager!

Pour créer du compost, rien de plus simple! Dans un bac, vous mélangez les déchets organiques, vous brassez de temps à autres pour l’aérer et enfin, vous veillez à ce que cela reste humide. Cela réduit drastiquement la quantité de déchets produits… Ecologique et, encore une fois, économique!

compost - geste écologique

7. Planter des arbres

Environ 13 millions d’hectares de forêts disparaissent chaque année. Or, la déforestation a un impact immense dans le changement climatique. En effet, les arbres contiennent du CO2 durant toute leur vie. En les détruisant, on réduit donc la capacité de l’écosystème mondial à stocker du CO2. La déforestation peut aussi engendrer l’érosion des sols.

Chez LIFE, nous vous proposons d’agir contre le changement climatique en plantant des arbres dans les pays en voie de développement. Vous plantez en ligne, et nous plantons sur le terrain! Cette action permet de lutter contre la déforestation, tout en fournissant aux populations locales un moyen de subsistance.

Des femmes ont bénéficié de plants d'arbres au Mali - association life ong

Pour planter des arbres, c’est ici : https://life-ong.org/sapousse/